Le patrimoine industriel :: Témoin & historien

                           Au milieu des années 1800, le Québec voit plusieurs industries se mettre en place. C’est l’ère de l’industrialisation qui commence et ce, jusqu’en 1950. Par la suite, les ouvriers ont un éveil révolutionnaire. Le paysage s’est défini par les industries, qui sont devenu un héritage identitaire de la communauté. Le patrimoine explique que nous appartenons à un groupe social. On peut ainsi dire que les bâtiments industriels sont témoin de l’évolution de la société. Le patrimoine nous fait comprendre une majeure partie du fonctionnement de notre société. C’est l’histoire. Le patrimoine est, ce que nos ancêtres ont fait et qui sert à comprendre notre façon de vivre.

 

Le patrimoine prend naissance dans le désir de mettre en valeur les efforts passés de l’industrialisation de la région. C’est une vision globale de la ressource. Le passé industriel s’enseigne par les traces, les vestiges matériels et le savoir traduit écrit et oralement. Le souvenir vient d’une certaine archéologie. Pour comprendre le présent, on se penche sur le passé. En plus de l’histoire, le patrimoine industriel transmet les méthodes de fabrication des ressources premières, ainsi que les produits finis. Ce qui fait ressortir la valeur économique de l’histoire du dernier siècle, du pays.

 

Quelle est l’idée de garder ces bâtiments industriels ?  Bien qu’il est question de conserver la mémoire collective et la transmettre aux générations futures. C’est un héritage, au travers des aspects sociaux, économiques, politiques, et architecturaux, qui nous font comprendre l’évolution historique. Il est aussi question de trace physique, où le témoignage des activités qui ont eu lieu précédemment même d’antan, ont encore des conséquences historiques. De plus, ces édifices enseignent une valeur scientifique et d’ingénierie, dans sa construction. Une valeur esthétique selon son architecture, d’un temps antérieur. La valeur émotive est aussi présente puisque ce patrimoine est un fait culturel de la société qui l’entoure. C’est un rapport de continuité avec le passé, le sentiment d’identité est concret.

 

Macdonald Tobacco · Écomusée du fier monde

Aujourd’hui, l’industrie est souvent perçue comme un emblème de misère et de travail aux conditions difficiles. Aussi, les vestiges sont souvent très mal conservés, voir laissés à la détérioration. L’affectation de ces lieux devient un obstacle  aux constructions des  investisseurs contemporains. On les détruit souvent pour faire plus d’argent. Bien que la production industrielle représente l’aboutissement du capitalisme, par la main-d’œuvre, les financements, les innovations techniques, etc. La production usinière est aussi la fin de l’artisanat et le début de la production de masse. C’est le début de la production industrielle. Une entreprise qui dépasse les besoins réels de la consommation locale est considéré comme industrielle. Le but d’une industrie n’est pas la survie mais bel et bien le gain.

 

Les industries sont les produits de la quête d’avoir, de l’Homme. La révolution industrielle a permis de définir notre identité. Elle légitime aussi la présence de beaucoup d’habitants québécois, qui ont pu quitter l’Europe pour venir travailler en Amérique. Le fait est qu’il y a un mélange entre la théorie de la production de masse et le cœur à l’ouvrage de l’ouvrier. Le souvenir d’une économie florissante, de possibilités infinies et d’espoir chevauche une époque révolue. D’un autre côté, les usines de la révolution industrielle sont un rappel constant qu’une fois la technologie dépassée, elle se fait jeter et rejeter. Ce qui en reste est principalement la moisissure, les graffitis et le squattage. Pour les habitants contre le système, il est de leur avantage pour survivre. Puis, certaines bâtisses sont transformées en habitations style condos, qui prouvent qu’il y a un clash actuel dans les ruines du patrimoine industriel. Le gouvernement défend certaines industries du patrimoine, les riches bourgeois voit des opportunités de loger les citoyens,  les punks peuvent y squatter et ils appartiennent au grand retour à la nature. De voir ces industries, peu importe leur état, est un symbole du passé et un signe du cycle de la vie, qui a commencé et qui continue. Il est question d’identité de l’être même. Le message est clair : l’évolution.

 

Travailleurs de la Montreal Cotton, à Salaberry-de-Valleyfield

 

 

 


 

Écrit par Marie-France Lirette, Salaberry-de-Valleyfield, mars 2016.

 

LE TARTAN origine & composition dans Salaberry-de-Valleyfield

 Que ce soit par la mode, la couverture de laine de notre grand-mère, des foulards et des kilts, le motif à carreau fait partie de l’histoire occidentale. Aussi nommé plaid par les porteurs d’Amérique du Nord. On a tous le symbole du Tartan près de nous, dans notre patrimoine.

C’est 3500 avant Jésus- Christ, que l’on retrouve les premières traces du tartan, en Chine. Puis, en Europe, les Celtes ont commencé à porter des tissus du type carreaux et couleurs distinctes. Le nombre de couleurs sur le motif dépendant de la classe social de l’individu ou du groupe porteur du tartan. Plus le rang était élevé au point de vue de la société, plus il y avait de la couleur. Vers 1700, on utilisait le tartan pour différencier les habitants des différentes zones géographiques et les familles. Ce n’est qu’au XIXe siècle que l’on commence à afficher le tartan aux clans, familles et confréries.

L’Histoire de l’Écosse porte le sceau du tartan, qui représentait l’identité et la protection des droits de la nation.  Le 6 avril 1320, l’indépendance de l’Écosse proclame le jour du tartan.

Le tartan est un motif de tissage soigné par la composition de bandes de couleurs s’entrecoupant à angle droit. De façon générale,  les tartans sont composés par un fond de deux couleurs dominantes formant ainsi  de larges bandes,  le damier de fondement, recoupées ou bordées par des filets secondaires qui forment un damier additionnel. Le premier passe parfois pour une illusion d’optique, en cause du damier complémentaire. C’est l’œil qui forme l’image complète.  Le nombre de couleur signifiait, à l’époque, une division des classes sociales : deux couleurs pour les paysans, trois pour les officiers, cinq pour les chefs, six pour les druides et sept pour les rois. Chaque fil entrecroise à angle droit les autres liens, qui forment un territoire unie dans le tartan. Le travail des cycles forment un motif symétrique. Puisque tout est possible, des variations sont présentent dans les œuvres des tisserands.  Originalement, le motif était réservé aux tissus, aujourd’hui il est placé sur différents matériaux. Pour ce qui est des couleurs, ce n’est qu’à la modernité qu’on trouve des significations, avant on s’arrêtait à analyser le rouge comme couleur utile pour la guerre puisque le sang y est moins visible.

Au Canada, le tartan aux couleurs de la feuille d’érable a été créé en 1964 par David Weiser, il est un symbole de fierté nationale. Ses couleurs incorpore le vert des feuilles de l’été, l’or de l’automne, le rouge de la première gelé au sol et le brun des feuilles tombantes. Ce n’est qu’en 2011, que le tartan de la Feuille d’Érable devint un symbole officiel.

Tartan du Canada

 

Au Québec, la ville de Salaberry-de-Valleyfield fut fondée en 1874 par des canadiens français et des Écossais. C’est grâce au textile que Valleyfield connait son essor, au niveau économique. Grace à l’implantation de l’usine de la Montreal Cottons, les métiers de tissage, de filage.

Le tartan du coin est inspiré par son histoire et sa situation géographique. Le blanc représente le lys français, la force, la lumière et la sagesse. Le bleu, couleur de la l’entendement, réfère à l’Écosse et signifie  l’eau sur le territoire.   Le rouge rappelle le soleil couchant du sud-ouest de la province du Québec. Il est aussi représentatif du désir de vie et de l’affirmation de sa détermination ;  symbole de l’action. Le Vert quant à lui, habite la nature et la santé.  Le noir est le lien entre l’ancien et l’actuel. Avec l’arrivé de la modernité, les couleurs deviennent de plus en plus foncé, dû notamment en cause des changements de teintures : on passe alors de la teinture naturelle au chimique.

Tartan traditionnel de Salaberry-de-Valleyfield

C’est en s’inspirant des armoiries des deux drapeaux et du logo Ma place au soleil que les tartans sont créer. D’abord le tartan cérémonial, qui est plus pale est porté lors de fête. Et celui traditionnel est utilisé davantage pour la vie quotidienne, tissu foncé dans le tartan de Salaberry-de-Valleyfield on y retrouve trois vagues  et le soleil couchant : ligne doré trois lignes bleus.

Tartan cérémonial de Salaberry-de-Valleyfield

Il est important de reconnaitre le travail des tisserands pour composer un modèle symétrique ou asymétrique dans le tartan, afin de comprendre notre passé. En le comprenant, nous pouvons mieux avancer et s’équilibrer de savoir sur ce qui nous entoure en matière de textile et de motif traditionnel du patrimoine.

 

 

 

 

 

Merci à la guilde des tisserands du Suroit

Écrit par Marie-France Lirette, 2015